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Réédition d’Une voix sur Israël de Claudel paru pour la première fois en 1950

La maison d'édition Les Provinciales réédite l'oeuvre de Paul Claudel, où il tourne la page de l'anti-judaïsme catholique traditionnel

Paul Claudel, le 14 mars 1927 (DR)
Paul Claudel, le 14 mars 1927 (DR)

Ils furent nombreux les auteurs de génie à tremper leur plume dans la tradition anti-juive charriée par la culture chrétienne. Mais de l’affaire Dreyfus à la Collaboration sous Vichy, certains furent effrayés des conséquences criminelles qu’une telle posture, parfois « seulement » théologique pouvait avoir.

Ce fut le cas de « Georges Bernanos, Maurice Blanchot et Pierre Boutang, » rappelle Sébastien Lapaque dans l’Express. Auquel il « faut ajouter Paul Claudel, » explique-t-il.

Le poéte, dramaturge, essayiste et diplomate, qui étudiait depuis 1928 la Bible hébraïque, s’est arraché à ses opinions à la force de son travail intellectuel, par « la méditation à la fois littéraire et liturgique, historique et politique, du mystère d’Israël, a guéri du mépris anti-juif répandu dans la bourgeoisie française et le milieu des ambassades, » explique Lapaque.

C’est l’objet de son livre « Une voix sur Israël » édité en 1950 que la maison Les Provinciales a récemment réédité.

En 1949, l’éditeur de Claudel veut célébrer la création de l’État d’Israël  : « Tout de même c’est arrivé ! c’est arrivé sous nos yeux et cela sent encore, cela fume encore ! » Alors que les armées arabes et juives viennent à peine de cesser le feu, à un moment où l’on ne s’apitoie guère sur la tribulation de rescapés des « infatigables cheminées d’Auschwitz », Claudel évoque « ce perpétuel Mercredi des Cendres » dont « Israël a fait son habitation » : « Je songe à ces flocons de suie humaine répartis par les quatre vents à tous les peuples d’Europe ».

Avec la franchise un peu rugueuse qui caractérise le grand poète, continuent les Provinciales, il évoque « la promesse à Abraham » et « Israël par sa seule force reprenant possession de la terre de ses pères, refoulant les occupants, reconnu comme une nation autonome » car : « Ici tu es chez toi. Il n’y a pas prescription. Il n’y a jamais eu un acte juridique pour te déposséder ».

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