Russie: Israël met nos soldats en danger avec ses frappes sans préavis en Syrie
Le ministre russe des Affaires étrangères accuse Tsahal d'avoir mis les forces russes en danger "à plusieurs reprises", la contraignant à réagir "fermement mais avec retenue"
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Un haut diplomate russe a accusé lundi Israël d’avoir manqué à son engagement d’informer Moscou avant de procéder à des frappes aériennes en Syrie, mettant son personnel militaire en danger « à plusieurs reprises » et contraignant la Russie à réagir « fermement mais avec retenue ».
Les critiques du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov sont survenues après la détérioration des liens entre Israël et la Russie, à la suite du crash d’un avion espion russe abattu le 17 septembre dernier par les forces syriennes lors d’une attaque aérienne israélienne.
Le ministère de la Défense de Moscou avait imputé à Israël la responsabilité de la mort de ses 15 militaires à bord de l’avion, arguant que des avions de combat israéliens se cachaient derrière l’avion russe. Israël réfute cette affirmation.
Israël et la Russie ont coordonné leurs efforts militaires en Syrie ces dernières années, afin d’éviter les frictions et les conflits accidentels. Les responsables israéliens ne commentent pas en général tous les aspects de cette coordination, mais ils soulignent que l’armée israélienne ne demande pas la permission de la Russie avant de mener des opérations.
Jérusalem a vanté cette coopération comme étant un signe des liens forts entretenus avec Moscou, alors même que la Russie fulminait au sujet de l’incident de l’avion espion abattu.
M. Lavrov a déclaré qu’Israël n’avait pas respecté l’accord.
« Malheureusement, la partie israélienne ne s’est pas toujours strictement conformée à ses obligations, notamment en ce qui concerne l’obligation d’informer l’armée russe des opérations de combat en territoire syrien », a-t-il déclaré à El Pais, dans une interview publiée lundi en langue espagnole.
La Russie, à l’instar de l’Iran et de son mandataire terroriste, le Hezbollah, se bat au nom du régime du président syrien Bashar el-Assad dans la guerre civile syrienne.
L’armée de l’air israélienne a mené des centaines de frappes en Syrie ces dernières années contre des cibles liées à l’Iran et au Hezbollah, qui, selon Israël, s’efforcent d’y établir une présence militaire qui pourrait menacer l’État juif.
« A plusieurs reprises, cela a mis en danger la vie de nos militaires en Syrie, par exemple lors du bombardement aérien israélien dans la région de Palmyre en mars 2017 », a ajouté Lavrov.
Cette attaque visait la base aérienne de Tiyas – également connue sous le nom de base aérienne T-4 – à l’extérieur de Palmyre, au centre de la Syrie. Israël avait déjà mené au moins une attaque explicitement reconnue contre la base, qui, selon lui, abritait un programme de drones iraniens. L’envoyé d’Israël à Moscou a été convoqué par le ministère russe des Affaires étrangères à la suite du raid de mars 2017, le Kremlin ayant protesté avec colère contre le fait qu’il n’avait pas été informé à l’avance de cette attaque.
A l’époque, Dmitri Peskov, porte-parole du président russe Vladimir Poutine, avait déclaré aux journalistes qu’Israël n’avait pas prévenu Moscou de la frappe aérienne alors même que des conseillers militaires russes étaient peut-être présents sur la base et qu’il avait qualifié cette situation « de source d’inquiétude pour nous ».
Bien que Moscou soit un allié d’Assad, Israël a fait appel au Kremlin pour l’aider à repousser l’Iran et le Hezbollah.
Cependant, Lavrov semblait suggérer qu’aucun raid aérien israélien ne débarrasserait l’État juif de la menace pour sa sécurité que représentent le Hezbollah et les troupes iraniennes et que la Russie l’avait toujours clairement dit.
« Nous avons prévenu de toutes les manières et au plus haut niveau [les Israéliens] qu’une telle attitude pourrait avoir des conséquences tragiques. Dans le même temps, nous soulignons que les actes de force contribuent à accroître les tensions régionales et ne peuvent résoudre les problèmes de sécurité qui préoccupent les Israéliens », a déclaré M. Lavrov.
« Cependant, [les Israéliens] ont continué à bombarder des cibles en territoire syrien et c’est ce qui a conduit à la perte tragique de l’avion de reconnaissance russe Il-20 avec 15 officiers à son bord. Après l’incident du 17 septembre, nous ne pouvions pas laisser les choses en l’état. La Russie a réagi d’une manière contenue mais ferme », a-t-il ajouté.
Israël a insisté sur le fait que sa coordination avec la Russie est restée inchangée depuis l’affrontement de septembre.
« La coordination de l’armée avec l’armée russe se poursuit exactement comme par le passé avant l’incident », a déclaré la semaine dernière un responsable israélien lors d’un briefing, sous couvert de l’anonymat.
Cependant, les rapports ponctuels et réguliers relatifs aux raids de bombardements israéliens en Syrie ont complètement cessé et la Russie a commencé le processus d’installation de systèmes de défense aérienne S-300 plus avancés en Syrie.
Fin octobre, la chaîne d’information israélienne Hadashot a rapporté que la Russie cherchait à redéfinir les conditions des opérations militaires israéliennes en Syrie et à modifier le système actuel de coordination Jérusalem-Moscou.
La Russie insiste pour être avertie à l’avance des frappes israéliennes, a déclaré la chaîne de télévision, bien que le rapport ne précise pas dans quelle mesure. Israël informe généralement la Russie quelques minutes avant une frappe aérienne.
Une telle demande limiterait probablement la liberté de manœuvre d’Israël en Syrie, le rapport soulignant qu’elle pourrait mettre en danger les avions israéliens et donner plus de temps aux agents iraniens pour cacher le matériel visé.
Le ministre de la Défense Avigdor Liberman a rejeté les exigences rapportées par la presse.
« Nous n’accepterons aucune restriction à notre liberté d’action et, en matière de sécurité nationale, nous prendrons toutes les mesures qui s’imposent », a déclaré Liberman le mois dernier à la radio de l’armée. Il a indiqué qu’Israël avait effectué plus de frappes aériennes en Syrie que ce qui lui avait été attribué par les médias étrangers.
« Ce n’est pas parce que les médias ne font pas état de raids en Syrie qu’il n’y en a pas », a fait remarquer M. Liberman. « Je ne pense pas qu’il soit dans notre intérêt de signaler ce que l’armée va faire. Une armée doit agir. »
- Israël et Ses Voisins
- Sergueï Lavrov
- Avigdor Liberman
- Relations Israël-Russie
- Défense israélienne
- Benjamin Netanyahu
- Vladimir Poutine
- Guerre civile syrienne
- Bashar el-Assad
- Axe Iran-Hezbollah-Syrie
- Relations Syrie-Russie
- Ministère des Affaires étrangères
- Missiles S-300
- Médias israéliens
- Armée de l'Air israélienne
- Sécurité des Israéliens
la Communauté du Times of Israël !