Sanders « résolu » à couper les aides pour faire pression sur Israël une fois élu
Le sénateur du Vermont et candidat démocrate pour 2020 dit qu'il n'est pas anti-Israël, mais que la politique du Moyen Orient des États-Unis ne peut être uniquement "pro-Israël"
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Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

WASHINGTON – Le sénateur du Vermont Bernie Sanders, l’un des principaux candidats démocrates à la présidence pour 2020, envisagerait « absolument » d’effectuer des coupes dans l’aide étrangère américaine à Israël afin de faire pression sur Jérusalem.
Les États-Unis fournissent à Israël quelque 3,8 milliards de dollars d’aide militaire, et quand on lui a demandé s’il « étudierait la possibilité d’utiliser cela comme moyen de pression pour amener le gouvernement israélien à agir différemment », le natif de Brooklyn a répondu : « Absolument ».
M. Sanders, qui occupe actuellement la deuxième place dans la plupart des sondages pour les primaires démocrates, a fait ses commentaires vendredi à Jon Favreau, ancien rédacteur des discours de Barack Obama, sur le populaire podcast Pod Save America.
Le candidat, qui est juif et a vécu dans un kibboutz en Israël, est considéré comme plus critique envers Jérusalem que les autres candidats démocrates à l’investiture.
Il a cherché à contextualiser sa réponse en disant qu’il ne prendrait pas de décisions qui rendraient Israël militairement vulnérable.
« J’ai de la famille en Israël. Je suis juif. Je ne suis pas anti-Israël », a-t-il dit. « D’accord, je crois que le peuple d’Israël a absolument le droit de vivre en paix, dans l’indépendance et la sécurité. Fin de la discussion – c’est ce que je crois fermement. »
Mais, a-t-il ajouté : « Je pense que ce qui s’est passé ces dernières années sous Netanyahu, c’est que vous avez un gouvernement d’extrême droite avec de nombreuses tendances racistes ».
Sanders a déjà qualifié le Premier ministre Benjamin Netanyahu de raciste, et il a fermement condamné la manœuvre du Premier ministre plus tôt cette année qui a permis à un parti raciste anti-arabe d’entrer à la Knesset.
Il a également critiqué sévèrement les implantations israéliennes et la présence d’Israël en Cisjordanie. En juin, il a posé avec les activistes d’IfNotNow tenant une pancarte qui disait : « Juifs contre l’occupation. »
Our members in NH just asked @BernieSanders if he’s also an anti-Occupation Jew and looks like the answer is YES!
Learn more about us bringing the crisis of Israel’s military occupation over Palestinians to 2020 elections w/this exclusive from @Politico: https://t.co/JrGmtzDZE1 pic.twitter.com/IRhyLCMNgN
— IfNotNow????✡️ (@IfNotNowOrg) June 29, 2019
Sur le podcast, M. Sanders a déclaré que la politique américaine à l’égard d’Israël ne pouvait pas être unidimensionnelle, mais plutôt plus holistique, axée sur ce qui sert le mieux les intérêts des États-Unis et de la région, y compris les Palestiniens.
« Ce n’est pas chose facile – essayer d’apporter enfin la paix au Moyen Orient et de traiter le peuple palestinien avec le respect et la dignité qu’il mérite », a-t-il dit. « Notre politique ne peut pas être simplement pro-Israël pro-Israël pro-Israël. Elle doit être pro-régionale et travailler avec tous les peuples, tous les pays de la région. »
Les programmes d’aide militaire à Israël n’ont cessé d’augmenter depuis le milieu des années 1980, lorsqu’ils ont été proposés pour la première fois, et sont considérés comme un élément central de l’alliance américano-israélienne. Peu de législateurs américains ont contesté ces aides. En septembre 2016, M. Obama et M. Netanyahu ont signé un protocole d’accord portant le montant annuel de 3 milliards de dollars à 3,8 milliards de dollars pour les dix prochaines années, malgré les liens glacials qui les opposaient.
L’ensemble de l’aide est considéré en Israël comme essentiel pour l’aider à maintenir son avantage militaire qualitatif par rapport aux menaces potentielles dans la région.
En avril 2016, Sanders était l’un des 17 sénateurs qui n’avaient pas signé une lettre adressée à Obama l’exhortant à accroître son aide à Israël.
Sanders n’est pas le premier démocrate en vue à lancer l’idée de réduire l’aide à Israël s’il maintient des politiques auxquelles les États-Unis s’opposent pour des raisons morales et politiques.
En avril, l’élue Alexandria Ocasio-Cortez a été interrogée sur le podcast Skullduggery de Yahoo pour savoir si les États-Unis devraient envisager de redéfinir leur politique vis-à-vis d’Israël.
« Je pense que oui », a dit Ocasio-Cortez. « Je pense que cela fait partie des conversations que nous avons dans notre caucus, mais je pense que ce que nous voyons vraiment, c’est une montée de l’autoritarisme à travers le monde. Je pense que Netanyahu est un personnage du genre de Trump. »
La réduction de l’aide militaire ou économique à Israël est, dit-elle, « assurément sur la table ».
Le groupe sioniste libéral J Street lui avait alors attribué le mérite d’exprimer une opinion « nuancée » sur la politique américaine envers Israël.
« Position nuancée de @AOC à la suite de la promesse d’annexion de Netanyahu : ouvrir la discussion sur les relations américano-israéliennes », a tweeté Jeremy Ben-Ami, le président de cette organisation. « Le point de vue de J Street : Les Etats-Unis peuvent assurer la sécurité israélienne sans financer des activités qui vont à l’encontre des valeurs américaines, des intérêts tels que l’annexion, les démolitions. »
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