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Schnapper : à part l’antisémitisme, « il ne reste plus beaucoup de sujets tabous »

La politologue, co-auteure de 'Reflexions sur l'antisémitisme' revient sur les nombreux cas d'antisémitisme ayant récemment défrayé la chronique

La politologue Dominique Schnapper, en 2011, lors d'une allocution à la Fondapol (Crédit: T. Morlier)
La politologue Dominique Schnapper, en 2011, lors d'une allocution à la Fondapol (Crédit: T. Morlier)

Plusieurs affaires récentes, de Mehdi Meklat à Olivier Sauton, ont remis en évidence que l’antisémitisme, qui, de 2011 à 2014, avait refleuri publiquement et sur les réseaux sociaux, qui en ont gardé la mémoire, reste un passage obligé pour obtenir son diplôme de « transgressif » ou de « rebelle ».

Pour mieux comprendre cette persistance, le journal La Croix est allé à la rencontre de la sociologue et politologue Dominique Schnapper co-auteure du récent Réflexions sur l’antisémitisme.

Pour elle, « le souvenir de la Shoah, et le choc que cela a provoqué sur la conscience européenne, explique qu’il demeure aujourd’hui dans la société un tabou sur l’antisémitisme. C’est d’ailleurs l’un des derniers : il ne reste plus beaucoup de sujets tabous ».

« Aujourd’hui, pour les jeunes générations qui n’ont pas vécu le choc de la révélation de la Shoah, il ne reste plus que le tabou, sans la proximité avec ce qui s’est passé. Et comme ils ne savent plus quoi transgresser, il ne reste que ce sujet ».

Seule solution pour contrer le phénomène selon la fille de Raymond Aron, « opposer la raison et la morale à des passions ». Mais, tout de même, « sans trop d’illusions sur le résultat ».

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