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Sinwar: Les manifestations à Gaza continueront jusqu’à la mort de la frontière

Se joignant à la manifestation, le chef du groupe terroriste a déclaré que les Palestiniens se vengeront de ceux qui "assiègent" la bande

Le leader du groupe islamiste terroriste du Hamas Yihya Sinwar scande des slogans et fait le geste de la victoire alors qu'il participe à une manifestation à proximité de la frontière avec Israël, à l'est de Jabalia, dans le nord de Gaza, le 30 mars 2018 (Crédit :  AFP/ Mohammed ABED)
Le leader du groupe islamiste terroriste du Hamas Yihya Sinwar scande des slogans et fait le geste de la victoire alors qu'il participe à une manifestation à proximité de la frontière avec Israël, à l'est de Jabalia, dans le nord de Gaza, le 30 mars 2018 (Crédit : AFP/ Mohammed ABED)

Le leader du Hamas Yahya Sinwar a rejoint les manifestations massives à la frontière de Gaza vendredi, avertissant Israël que l’Etat juif devrait tenir compte des dizaines de milliers de Palestiniens manifestant pour le droit au « retour » en Israël.

Dans un message féroce, Sinwar a appelé tous ceux qui « assiègent » la bande de Gaza à « repenser » leur positionnement et à comprendre le message émanant du mouvement de protestation.

S’ils ont faim, les Gazaouis « mangeront le foie de ceux qui assiègent » la bande de Gaza, a mis en garde Sinwar, utilisant une expression arabe désignant la vengeance contre quelqu’un.

Sinwar, le chef du groupe terroriste du Hamas au sein de l’enclave, est apparu sur le site des protestations massives qui ont eu lieu sur la frontière entre la bande de Gaza et Israël, entre autres responsables de l’organisation.

Les Palestiniens franchissent une ville de tente dressée le long de la frontière avec Israël, à l’est de Gaza City, pour commémorer la Journée de la terre (Crédit : AFP/ MAHMUD HAMS)

Ces manifestations intitulées la « marche du retour » devraient durer six semaines et connaître leur apogée à la mi-mai lors d’une date coïncidant avec l’anniversaire de la création d’Israël et l’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem.

Des milliers de Gazaouis devraient camper dans une ville de tentes érigées à proximité de la clôture frontalière pendant toute cette période et des manifestations devraient avoir lieu tous les vendredis pour réclamer le « retour » des réfugiés palestiniens et de leurs descendants sur les terres qui forment dorénavant Israël.

Les fidèles musulmans font la prière du vendredi, à midi, près d’une ville en tentes aux abords de la frontière avec Israël, à l’est de Jabalia, le 30 mars 2018 (Crédit : AFP/Mohammed Abed)

« La marche du retour continuera », a commenté Sinwar. « Elle ne cessera pas jusqu’à ce que nous faisions disparaître cette frontière éphémère [entre la bande de Gaza et Israël] ».

Ces manifestations du vendredi, a-t-il affirmé, « marquent le début d’une nouvelle phase du combat national palestinien sur la voie de la libération et du retour [des réfugiés palestiniens et de leurs descendants dans leurs anciennes habitations au coeur d’Israël] ».

La « marche du retour », a ajouté Sinwar, « répète que notre peuple ne peut renoncer à un centimètre de notre terre de Palestine. Les manifestations continueront jusqu’à ce que les Palestiniens reviennent sur ces terres dont ils ont été expulsés il y a 70 ans ».

Le leader du Hamas fait le « V » de la victoire durant une manifestation près de la frontière avec Israël, à l’est de Gaza city, pour commémorer la journée de la Terre, le 30 mars 2018 (Crédit : AFP PHOTO / MAHMUD HAMS)

Plus tôt dans la journée, le chef du bureau politique du Hamas Ismail Haniyeh avait déclaré, alors qu’il participait aux manifestations, que ces dernières marquaient le retour des Palestiniens « dans toute la Palestine ».

« Nous sommes là pour déclarer aujourd’hui que notre peuple n’acceptera pas de conserver le droit au retour au simple stade du slogan », avait-il dit.

Haniyeh avait ajouté que la « marche du Retour » avait également pour objectif d’envoyer un message au président américain Donald Trump, celui que les Palestiniens ne renonceront pas à leur droit à Jérusalem.

Lors des pourparlers de paix antérieurs, les Palestiniens ont toujours demandé, avec la souveraineté en Cisjordanie, à Gaza, à Jérusalem-est et dans la Vieille Ville, un « droit au retour » en Israël pour les Palestiniens qui avaient quitté ou avaient été dans l’obligation de quitter l’Etat juif lors de sa fondation. Les Palestiniens ne demandent pas seulement l’exercice de ce droit pour les centaines de milliers de réfugiés encore en vie – un chiffre qui atteindrait des dizaines de milliers de personnes – mais également pour leurs descendants, qui sont des millions.

Aucun gouvernement israélien ne pourrait probablement accepter cette demande puisqu’elle signerait la fin d’Israël en tant qu’Etat à majorité juive. Le positionnement israélien est que les réfugiés palestiniens et leurs descendants pourraient devenir les citoyens d’un Etat palestinien à l’apogée du processus de paix, comme cela avait été le cas des Juifs contraints à fuir les pays du Moyen-Orient en raison de gouvernements hostiles qui sont devenus par la suite des ressortissants israéliens.

Le Hamas, qui a pris le contrôle de Gaza en 2007, cherche à détruire Israël.

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