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Syrie : cessez-le-feu, cessation des hostilités ou trêve ?

Une cessation des hostilités permet de répondre militairement à celui qui rompt la trêve et elle est une première étape essentielle

Des voitures en flammes après un bombardement sur la ville d'Alep, le 1er février 2014 
(Crédit : AFP/Mohammed Al-Khatieb)
Des voitures en flammes après un bombardement sur la ville d'Alep, le 1er février 2014 (Crédit : AFP/Mohammed Al-Khatieb)

Cessation des hostilités, cessez-le-feu ou trêve : ces termes évoqués dans les tentatives de règlement du conflit en Syrie sont proches, mais ont pourtant des significations différentes, surtout sur un plan diplomatique et symbolique.

Washington et Moscou ont annoncé le 22 février, une « cessation des hostilités » samedi à 00H00 heure de Damas. L’accord exclut les puissants groupes djihadistes Etat islamique (EI) et Front Al-Nosra (branche syrienne d’Al-Qaïda).

Damas a affirmé accepter cette « cessation des hostilités », mais indiqué qu’il poursuivrait ses « opérations militaires pour lutter contre Daech (acronyme en arabe de l’EI), al-Nosra et les autres groupes terroristes qui leur sont liés ». L’opposition a dit qu’elle respectera « une trêve provisoire de deux semaines ».

Un arrêt temporaire

Une trêve est un arrêt limité et temporaire d’activités ou d’hostilités pendant une guerre. En Syrie, des trêves brèves et ponctuelles ont été conclues à plusieurs reprises entre régime et rebelles dans certaines régions du pays, notamment pour permettre l’acheminement des aides humanitaires.

La cessation des hostilités est une dénomination plus formelle, mais ne constitue pas tout à fait un cessez-le-feu.

Le précédent libanais

En août 2006, un mois après la guerre destructrice entre Israël et le mouvement chiite libanais Hezbollah, une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, fruit d’un difficile compromis négocié par Paris et Washington, prévoyait une simple cessation des hostilités, et non un véritable cessez-le-feu.

Un appel à une cessation des hostilités « est une incitation à ce qu’il n’y ait pas d’échange de tirs, alors qu’un cessez-le-feu correspond à un accord passé entre les parties, à des engagements précis des parties belligérantes », expliquait alors un porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

Le ministre belge des Affaires étrangères expliquait de son côté que la « cessation des hostilités » correspond à un « état de fait », alors que le « cessez-le-feu » durable recouvre un « concept juridique ».

Une première étape ?

Une cessation des hostilités permet de répondre militairement à celui qui rompt la trêve. Mais elle est surtout une première étape essentielle, notamment pour permettre l’acheminement de l’aide humanitaire.

Si l’accord « est mis en oeuvre, il va non seulement permettre de faire reculer les violences, mais aussi d’étendre la livraison d’aide humanitaire aux zones assiégées qui en ont urgemment besoin (…) », a souligné le 22 février le secrétaire d’Etat américain John Kerry.

Déjà, le 12 février, son homologue russe Sergueï Lavrov notait qu’il s’agissait du « premier pas » vers un cessez-le-feu plus permanent.

L’armistice

Enfin, un armistice est une convention signée par plusieurs gouvernements mettant fin à des hostilités entre armées en temps de guerre. Mais il est différent d’un traité de paix qui met fin officiellement à la guerre.

En 1953, l’armistice a mis un terme à la guerre de Corée, mais il n’a pas été transformé en traité de paix.

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