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Trump espère que Bolsonaro sera un allié de poids sur la scène internationale

Le président américain peut espérer trouver du renfort chez son homologue brésilien sur le transfert de l'ambassade à Jérusalem

(Montage) A gauche, le président américain Donald Trump, le 8 octobre 201. A gauche, le président-élu brésilien Jair Bolsonaro (Crédits: MANDEL NGAN et ALMEIDA / AFP)
(Montage) A gauche, le président américain Donald Trump, le 8 octobre 201. A gauche, le président-élu brésilien Jair Bolsonaro (Crédits: MANDEL NGAN et ALMEIDA / AFP)

Souvent surnommé le « Donald Trump tropical », le futur président brésilien Jair Bolsonaro pourrait être un allié de poids pour son homologue américain, qui s’est empressé d’appeler de ses vœux une « coopération étroite » avec le dirigeant d’extrême droite.

« Il n’y a qu’un seul Donald Trump », a balayé lundi, amusée, la porte-parole du président des Etats-Unis, Sarah Sanders.

Au-delà de la boutade, les Etats-Unis et le Brésil, les deux pays les plus peuplés du continent américain, auront désormais à leur tête deux impétueux présidents portés au pouvoir par la vague populiste et au diapason sur de nombreux sujets de politique étrangère.

Le milliardaire républicain installé depuis près de deux ans à la Maison Blanche a appelé dimanche soir l’ex-capitaine de l’armée pour le féliciter chaleureusement dès l’annonce de sa victoire. « Le Brésil et les Etats-Unis vont avoir une coopération étroite sur le commerce, la défense et tout le reste », a renchéri lundi Donald Trump sur Twitter.

Un enthousiasme qui fait écho à celui de Jair Bolsonaro, « admirateur du projet Trump ».

Stephen Bannon, conseiller du président américain Donald Trump, à la Maison Blanche, le 25 janvier 2017. (Crédit : Nicholas Kamm/AFP)

Pour Steve Bannon, qui fut l’une des éminences grises de Donald Trump, cela ne fait aucun doute : Washington va se rapprocher « encore plus » de Brasilia et de son « gouvernement populiste nationaliste ».

Trump et Bolsonaro, qui ont tous deux réussi à « communiquer avec les masses » en usant de « déclarations provocatrices pour réussir à se faire entendre au milieu du bruit », ont indéniablement des points communs, a-t-il souligné dans un entretien au quotidien Folha de Sao Paulo.

« Les relations USA-Brésil sont généralement déjà bonnes, donc il s’agit essentiellement d’une affaire de style », relève Joel Velasco, du cabinet de conseil en stratégie diplomatique Albright Stonebridge Group. « Et à cet égard, cela s’annonce bien, avec deux leaders populistes arrivés au pouvoir de manière similaire », dit-il à l’AFP.

Cette proximité naissante inquiète l’opposition démocrate aux Etats-Unis. Dix-huit élus ont ainsi écrit au secrétaire d’Etat Mike Pompeo pour s’alarmer de la nostalgie de Jair Bolsonaro pour la dictature militaire de 1964-1985 et pour appeler l’administration Trump à lier toute coopération au respect des droits de l’homme.

Le chef de la diplomatie américaine, qui s’est également entretenu lundi avec le vainqueur, a mis l’accent sur « la promotion de la sécurité, de la démocratie, de la prospérité économique et des droits de l’homme ».

Climat, Israël et Chine

Sur le fond, plusieurs engagements du futur président du Brésil entrent en résonance avec la politique américaine. Donald Trump peut notamment espérer un renfort sur deux décisions qui l’ont vu totalement isolé sur la scène internationale : le changement climatique et les relations avec Israël.

Fervent soutien de la filière agroalimentaire, Jair Bolsonaro semble donner la priorité aux investisseurs plutôt qu’aux écologistes, et a menacé de retirer son pays de l’accord de Paris sur le climat, comme seul le président américain l’a fait jusqu’ici. Mais il a finalement promis d’y rester s’il garde sa pleine souveraineté sur l’Amazonie.

Le président-élu a aussi envisagé de déménager de Tel-Aviv à Jérusalem l’ambassade du Brésil en Israël, ce qu’une seule autre grande puissance a fait jusqu’ici : les Etats-Unis de Donald Trump.

L’ambassadeur américain en Israël David Friedman, à gauche, et le conseiller américain à la sécurité nationale John Bolton visitent l’ambassade de Jérusalem, le 21 août 2018 (Crédit :Matty Stern/Ambassade américaine de Jérusalem)

Le nouveau gouvernement brésilien devrait par ailleurs afficher une plus grande fermeté à l’égard du Venezuela, et renforcer la coalition continentale contre le président Nicolas Maduro menée par Washington.

Le Brésilien partage également l’idée d’une nécessaire contre-offensive pour contenir l’expansionnisme de la Chine, qu’il a accusée d' »acheter le Brésil ».

Mais les deux présidents ne gouvernent pas dans le même contexte : les Etats-Unis sont en pleine croissance, tandis que le dirigeant d’extrême droite brésilien a été élu sur fond de crise économique.

Alors que Trump peut engager une guerre commerciale avec Pékin et faire des déclarations tonitruantes sur Twitter, « Bolsonaro va devoir faire beaucoup plus attention à ce qu’il dit car son économie est beaucoup plus fragile », estime Joel Velasco.

Le Brésil est le premier exportateur mondial de boeuf et le deuxième de soja, des denrées pour lesquelles la Chine et les pays musulmans sont des marchés vitaux. Il devra donc peser attentivement l’impact de ses décisions, ajoute cet expert.

A ce stade, « la politique étrangère de Bolsonaro est encore très vague », et « il est difficile sur toutes ces questions de savoir où il placera le curseur entre la nécessité de satisfaire sa base et celle de convaincre le reste de la population », analyse Roberta Braga, du think tank Atlantic Council à Washington.

Selon elle, la tradition « non interventionniste » du Brésil risque de l’emporter dans l’immédiat, poussant le nouveau président à donner la priorité à la politique intérieure pour réduire la violence urbaine et la dette publique.

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