Un allié de Johnson s’excuse pour avoir accusé d’antisémitisme un ex-ministre
Le journaliste Toby Young avait clamé que Phillip Hammond avait eu recours à des "théories antisémites du complot dégoûtantes"
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Un allié et ancien collègue du Premier ministre britannique Boris Johnson a présenté ses excuses lundi après avoir clamé que l’ex-ministre des Finances, Philip Hammond, avait eu recours à une théorie du complot antisémite pour expliquer l’enthousiasme du Premier ministre pour un Brexit sans accord préalable.
Hammond, qui a été exclu des rangs du parti Conservateur en raison de la loi sur le Brexit, avait écrit samedi dans le journal le Times que Jonhson avait le soutien de spéculateurs qui pensaient pouvoir obtenir des gains financiers d’un Brexit sans accord.
« Johnson est appuyé par des spéculateurs qui ont parié des milliards sur une ligne de hard Brexit – et il n’y a qu’une seule option qui fonctionnera à leur yeux : un mode de no-deal qui fera dégringoler la devise et aggravera l’inflation », avait écrit Hammond sans nommer aucun des donneurs.
Hammond avait ajouté qu’il répétait des propos tenus antérieurement par la sœur de Johnson, Rachel, journaliste et ancienne candidate du parti britannique Change lors des élections parlementaires européennes.
Le journaliste Toby Young, ancien collègue de Johnson, avait alors écrit sur Twitter que l’article de Hammond utilisait « une théorie antisémite du complot répugnante : Boris est manipulé par une cabale secrète de financiers qui veulent profiter de la ruine économique. Avez-vous donc rejoint les rangs du @UKLabour ? », avait-il interrogé, se référant au parti d’opposition au centre d’une série de scandales impliquant des accusations de haine antijuive.
Hammond avait répondu à Young en twittant : « C’est évidemment absurde. Mais c’est aussi diffamatoire. Je ferai appel à un conseil judiciaire dès demain matin. Je ne ferai plus de commentaires à ce sujet. »
Le journaliste avait alors répondu : « Excusez-moi, Philip. Cette suggestion que des ‘spéculateurs’ contrôleraient le gouvernement peut être considérée comme un trope antisémite si ‘spéculateurs’ est utilisé comme un euphémisme pour désigner des financiers juifs, comme c’est parfois le cas. Mais, à l’évidence, ce n’est pas ce que vous avez voulu dire et j’ai supprimé la publication. »
Hammond a alors mis un terme au fil de discussion, en disant : « Excuses acceptées, même si je n’ai pas utilisé le mot ‘financier’. Toujours content de pouvoir discuter de nos différences – tant que nous restons l’un et l’autre civilisés. »
Au vu de l’affirmation de Hammond, John McDonnell, chancelier du gouvernement fantôme, a écrit au plus haut fonctionnaire de la Grande-Bretagne, lui demandant d’enquêter sur tout conflit d’intérêt possible dans l’acceptation par le Premier ministre de soutiens provenant de fonds spéculatifs susceptibles de profiter d’une crise économique, a noté samedi le Guardian.
Johnson a pris le pouvoir en juillet en promettant que la Grande-Bretagne quitterait l’Union européenne le 31 octobre, « quoi qu’il arrive ». Il s’est engagé à sortir de l’impasse qui a vu l’accord de Brexit conclu entre l’UE et le prédécesseur de Johnson, Theresa May, rejeté par le parlement britannique à trois occasions – entraînant la démission de May.
De nombreux législateurs estiment qu’un Brexit sans accord serait dévastateur au niveau économique et déstabilisant au niveau social.
Lundi, Young a fait peu de cas d’une accusation formulée à l’encontre de Johnson – ce dernier serait accusé d’avoir attrapé la cuisse d’une journaliste du magazine d’information conservateur The Spectator lorsqu’il était son rédacteur en chef, il y a deux décennies. Le bureau du Premier ministre, pour sa part, a nié cette allégation clamée par la chroniqueuse du Sunday Times Charlotte Edwardes.
« À l’époque, au Spectator, à ces moments bruyants, les gens se plaignaient si Boris ne posait pas sa main sur leurs genoux. Les temps ont vraiment changé », a dit Young au public réuni lors d’un événement organisé en marge du parti conservateur, lundi, a fait savoir le Mirror.
Young, qui était chroniqueur au Spectator et qui avait écrit une pièce sur la vie sexuelle de Johnson lorsque ce dernier était rédacteur en chef du journal, avait été raillé pour un portrait du Premier ministre qu’il a écrit au début de l’année pour le magazine en ligne Quillette.
« Avec sa stature imposante, son nez épais et son front large, germanique, il y avait aussi quelque chose chez lui de l’Übermensch de Nietzsche. On peut l’imaginer en culotte bavaroise, errant dans la forêt noire en possession d’une hache posée sur son épaule, cherchant des ogres à tuer », avait écrit Young au sujet de son ancien camarade de l’université d’Oxford qu’il avait rencontré pour la première fois en 1983.
la Communauté du Times of Israël !