Le blogueur algérien emprisonné a entamé une nouvelle grève de la faim
Merzoug Touati, 30 ans, avait été condamné pour "intelligence avec une puissance étrangère" pour un entretien avec un diplomate israélien
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Un blogueur algérien, condamné à 7 ans de prison pour « intelligence avec une puissance étrangère » pour un entretien avec un diplomate israélien, a entamé une nouvelle grève de la faim, a annoncé mercredi Reporters sans frontières (RSF), réclamant un « réexamen » de son cas.
Depuis le 8 juillet, « Merzoug Touati a cessé de s’alimenter (…) pour protester contre sa condamnation qu’il juge injuste », indique l’ONG de défense de la liberté de la presse dans un communiqué.
Il « réclame l’annulation de sa peine, sa libération ainsi que l’abandon des poursuites judiciaires », poursuit RSF qui continue de dénoncer « la disproportion » de cette peine.
Merzoug Touati, 30 ans, avait été condamné en mai en première instance à 10 ans de prison pour avoir entretenu « avec les agents d’une puissance étrangère des intelligences de nature à nuire à la situation militaire ou diplomatique de l’Algérie ou à ses intérêts économiques essentiels », crime passible de 20 ans de prison.
Sa peine a été réduite à sept ans en appel le 21 juin. Il lui est reproché d’avoir publié sur son blog un entretien vidéo avec un porte-parole du ministère des Affaires étrangères d’Israël, Etat que ne reconnaît pas l’Algérie.
Lors de ses deux procès, la Cour avait écarté le chef d’incitation à « s’armer contre l’autorité de l’Etat » – passible de la peine de mort – et deux autres crimes et délits d’atteinte à la sûreté de l’Etat, dont était accusé le blogueur pour avoir posté un appel à manifester sur Facebook.
Depuis son arrestation et incarcération en janvier 2017, Merzoug Touati a mené plusieurs grèves de la faim.
« Merzoug Touati proteste aujourd’hui au péril de sa vie », souligne RSF, qui « rappelle que les autorités algériennes sont responsables de la vie de Merzoug Touati et demande à la justice de réexaminer au plus vite le cas de ce blogueur injustement puni pour avoir exercé son droit à informer ».
L’Algérie figure à la 136e sur 180 du classement mondial de la liberté de la presse 2018 établi par RSF, qui estime que « la liberté de l’information (…) demeure fortement menacée » dans le pays.
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