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Un responsable militaire sanctionné pour racisme envers un soldat éthiopien

Quelques jours après la mort de Solomon Tekah, mortellement blessé par un policier, une recrue a fait savoir qu'un officier l'avait menacé d'appeler un policier pour le tuer

Des Israéliens éthiopiens, des membres de la famille et des activistes protestent contre la mort de Solomon Tekah, 19 ans, tué par un policier hors-service à Kiryat Haim, le 1er juillet 2019 (Crédit : Meir Vaknin/Flash90 ***)
Des Israéliens éthiopiens, des membres de la famille et des activistes protestent contre la mort de Solomon Tekah, 19 ans, tué par un policier hors-service à Kiryat Haim, le 1er juillet 2019 (Crédit : Meir Vaknin/Flash90 ***)

L’armée israélienne a sanctionné et réprimandé un officier non-commissionné – qui a écopé d’une amende – pour avoir menacé d’appeler un agent de police pour ouvrir le feu sur une jeune recrue israélienne d’origine éthiopienne.

Cet incident est survenu quelques jours après que Solomon Tekah, 19 ans, a été tué par un agent hors-service. Ce drame a entraîné des manifestations nationales contre les discriminations et les violences policières dans tout le pays.

Le militaire a reçu une lettre d’avertissement et paiera la somme de 1 500 shekels, a confirmé l’armée israélienne, trois jours après la publication par le soldat de brigade Yitzhak Zalka d’un post sur Facebook racontant le traitement « choquant, blessant » qui lui avait été réservé.

Dans le post, la jeune recrue raconte avoir rejoint plusieurs de ses amis pour les aider à terminer leurs corvées à la cuisine après que lui-même a achevé les siennes.

L’officier non-commissionné le remarque alors et lui demande ce qu’il fait à cet endroit.

Avant même d’avoir terminé sa réponse, l’officier lui coupe vivement la parole.

« Sors d’ici avant que j’appelle un agent de police pour te tirer dessus », dit-il alors, selon Zalka.

« J’ai été totalement choqué ! Je me suis senti blessé, plus que je ne l’ai jamais été auparavant dans ma vie. C’était du racisme à un niveau entièrement différent, un racisme qui ne peut pas passer inaperçu », a écrit Zalka.

Worka et Wbjig Tekah tiennent une photo de leur fils Solomon Tekah, 19 ans, qui a été tué par un policier hors-service le 1er juillet 2019 à leur domicile de la ville israélienne de Haïfa, le 3 juillet 2019 (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

« Il est inconcevable qu’au sein de l’Etat d’Israël, en 2019, il y ait encore du racisme sous quelque forme que ce soit… Il y a seulement deux jours, Solomon Tekah a été tué par un agent de police israélien, pour rien !!! », continue la publication.

Zalka a écrit qu’il avait immédiatement rapporté l’incident à ses supérieurs.

L’armée a émis un communiqué qualifiant l’incident « d’incompatible avec les valeurs de l’armée israélienne », ajoutant que « l’officier concerné a été sanctionné de manière à prévenir la répétition de telles affaires dans l’avenir ».

Lundi et mardi, des manifestants, dans tout Israël, ont bloqué des routes, brûlé des pneus et dénoncé ce qui, affirment-ils, est une discrimination systémique mise en oeuvre à l’encontre de la communauté israélienne originaire d’Ethiopie.

Les manifestations ont encore pris de l’ampleur après les funérailles de Tekah, mardi.

Des véhicules ont été incendiés, une voiture de police retournée et il y a eu des affrontements opposant manifestants, policiers et usagers qui tentaient de franchir en force les barrages routiers improvisés qui avaient été dressés.

Selon la police, plus de 110 agents ont été blessés lors de ces échauffourées, notamment par des pierres et des bouteilles projetées dans leur direction. Les forces de l’ordre ont par ailleurs procédé à 136 arrestations.

Une voiture de police en feu pendant une manifestation après la mort de Solomon Tekah, un Israélien d’origine éthiopienne abattu par un policier, à Tel Aviv, le 2 juillet 2019. (Crédit : Jack Guez/AFP)

La famille de Tekah a lancé un appel au calme dans la journée de mercredi, demandant la fin du mouvement de protestation jusqu’à ce que se termine la période de deuil de la Shiva, dimanche.

Reconnaissant qu’un grand nombre de manifestants pouvaient être des recrues d’origine éthiopienne du même âge de Tekah, le chef du commandement du sud, Herzl Halevi, a envoyé une lettre rare aux officiers de brigade leur demandant de réunir les militaires éthiopiens et de leur dire que « la protestation est légitime, compréhensible et nécessaire mais elle ne doit pas être violente ».

« Dites-leur que nous pensons qu’une telle chose n’aurait jamais dû arriver. Dites-leur que nous pensons que nous ferons mieux pour les accepter à l’avenir », a écrit Halevi.

De plus, l’avocat de l’agent hors-service auteur du tir meurtrier contre Tekah a déclaré jeudi que le policier avait « fait face à une menace imminente à sa vie ».

Il a ajouté lors d’une déclaration devant les journalistes que « cet événement tragique n’a rien à voir avec la couleur de peau ou l’origine du défunt. Mon client n’avait pas l’intention de frapper [Tekah] et ce tir voulait être un moyen de dissuasion ».

L’agent des forces de l’ordre – qui a été assigné à domicile par les juges après une courte détention – et sa famille ont été placés sous protection face aux craintes de violences, a dit Nedshi aux journalistes depuis son bureau de Haïfa.

Des informations initiales émanant du département des enquêtes internes, une instance qui contrôle les policiers, semblent corroborer les affirmations du policier, qui a répété ne pas avoir voulu s’en prendre spécifiquement à de jeunes Ethiopiens.

Pour les enquêteurs, la balle a été tirée vers le sol avant de ricocher et d’atteindre la poitrine de Tekah sur le côté gauche, le touchant à l’aorte.

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