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Une campagne pour « briser l’isolement » des LGBT au Moyen-Orient

Des associations se battent pour faire décriminaliser l'homosexualité et mettre fin aux lois discriminatoires

Drapeau LGBTIQ. (Crédit : Wikimedia commons)
Drapeau LGBTIQ. (Crédit : Wikimedia commons)

« Lutter contre les mythes et briser l’isolement »: deux ONG ont lancé lundi au Liban une campagne « positive » relayant des témoignages, dont celui du célèbre chanteur libanais Hamed Sinno, appelant les homosexuels, bi et trans du monde arabe à s’assumer et revendiquer leurs droits.

Cette campagne, menée par Human Rights Watch (HRW) et la Fondation arabe pour les libertés et l’égalité (AFE), intitulée « No longer alone » (« Plus jamais seuls »), s’appuie sur un rapport recensant des témoignages de 34 activistes lesbiens, gay, bi et trans (LGBT) de 16 pays arabes, et s’accompagne de vidéos diffusées sur Internet.

Dans ces vidéos, des anonymes, mais aussi des personnalités publiques comme l’écrivain marocain Abdellah Taïa ou Hamed Sinno, chanteur du groupe libanais Mashrou Leila, racontent leur expérience : la découverte de leur orientation sexuelle ou de leur genre, les insultes et agressions, leur cheminement intérieur, le soulagement de s’assumer…

« Je me sentais un monstre (…). Ce que je ne comprenais pas à l’époque c’est que je n’avais pas de problème, que c’est les gens autour de moi qui avaient un problème, », raconte ainsi Hamed Sinno.

« Je ne pensais pas que j’aurai le courage de faire face à la société et dire ‘Je suis gay que ça vous plaise ou non' », confie Abdellah Taïa. « Ce n’est pas une maladie, pas un crime, et ce n’est pas un choix (…) je ne peux pas changer », rappelle la Marocaine Hajjar.

Hamed Sinno (Crédit : Wikimedia commons)

Le rapport, dans une démarche « positive » selon HRW, fait le point sur les combats pour les droits LGBT dans les pays arabes, où l’homosexualité est considérée comme une déviance, voire un crime passible de peines de prison.

« En 2001, il n’y avait aucune association de défense des droits LGBT dans les pays arabophones. En 2017, il y en a des dizaines agissant à travers la région », souligne le rapport, intitulé « L’audace face à l’adversité ».

Du Maroc à l’Irak, des associations se battent désormais pour faire décriminaliser l’homosexualité, mettre fin aux lois discriminatoires ou faire interdire les tests anaux.

« HRW recense habituellement les violences et les choses horribles (…) mais nous avons pensé qu’il était important de mettre en lumière les succès pour montrer que cette région n’est pas un trou noir, qu’il y a des mouvements qui agissent pour le changement », explique Neela Ghoshal, chercheuse chez HRW pour les questions LGBT.

« Dans cette campagne, nous avons des gens de différents pays arabes qui envoient le message ‘Vous n’êtes pas tout seuls’, qui disent ‘si vous avez besoin de soutien, vous en aurez' », souligne le directeur de l’AFE, Georges Azzi.

Dans certains pays, comme l’Arabie Saoudite ou les Emirats arabes unis, l’homosexualité peut être sanctionnée de la peine de mort.

Ces vidéos visent d’abord la communauté LGBT, mais les ONG espèrent toucher aussi un public plus large. « Les gens ont peur des choses qu’ils ne connaissent pas, nous mettons des visages sur les gens de la communauté LGBT », ajoute M. Azzi : « En changeant les mentalités, ça peut mettre la pression sur les politiciens ».

« Les réseaux sociaux sont un outil très important pour nous, surtout dans les pays où les médias sont contrôlés par l’Etat. Les réseaux sociaux sont le meilleur moyen de toucher des gens que nous ne toucherions pas à travers les médias traditionnels », souligne-t-il.

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