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Une historienne controversée ne dirigera pas le musée hongrois de la Shoah

Maria Schmidt a comparé et associé, à de nombreuses reprises, la Shoah et la domination soviétique en Hongrie

Le rabbin Slomo Koves, président de l'EMIH, à gauche, avec le président hongrois Janos Ader, au centre, et le grand rabbin de Hollande, Benjamin Jacobs, examinent les inscriptions au plafond de la synagogue médiévale à Budapest, le 6 septembre 2018 (Crédit : Márton Merész)
Le rabbin Slomo Koves, président de l'EMIH, à gauche, avec le président hongrois Janos Ader, au centre, et le grand rabbin de Hollande, Benjamin Jacobs, examinent les inscriptions au plafond de la synagogue médiévale à Budapest, le 6 septembre 2018 (Crédit : Márton Merész)

Un responsable du Habad de Hongrie a déclaré que l’organisation ne prévoyait pas d’employer une universitaire accusée de déformation de la Shoah au sein d’un musée consacré au génocide et offert par l’État.

Mercredi, Slomo Koves, le rabbin en chef du groupe EMIH affilié au Habad, a déclaré au JTA que le rôle de Maria Schmidt « sera terminé » quand l’EMIH ouvrira le musée, à 22 millions de dollars, de la Maison de Destins l’année prochaine à Budapest. Le gouvernement a construit le musée et a transféré la propriété à l’EMIH la semaine dernière.

La nomination de Schmidt, qui a régulièrement comparé et associé la Shoah et la domination soviétique en Hongrie, a poussé d’autres groupes juifs et Yad Vashem, le musée d’état d’Israël sur la Shoah, à boycotter la Maison des Destins. Cela a entraîné un retard de quatre ans dans l’ouverture du musée. Le Centre Simon Wiesenthal a qualifié les déclarations de Schmidt comme étant une forme de déformation de la Shoah.

La semaine dernière, Gergely Gulyás, le chef du Bureau du Premier ministre, a annoncé lors d’une conférence de presse que le gouvernement et l’EMIH allaient coopérer pour gérer le nouveau musée. Le décret du gouvernement sur cette question, obtenu mercredi par le JTA, stipule qu’il « est d’accord pour transférer la propriété de la Maison des Destins » à l’EMIH et accorder 860 000 euros au groupe pour gérer l’institution, en plus d’autres frais.

Koves a expliqué qu’il s’agissait d’une « grande responsabilité ». Il a dit que le musée de 7 400 mètres carrés doit accueillir 100 000 visiteurs par an du seul système scolaire. Il disposera d’un centre éducatif tout comme d’expositions temporaires et permanentes offrant « une expérience personnelle » de la Shoah « qui vise à résonner auprès du jeune public ».

Interrogé sur le rôle de Schmidt dans le musée, Koves a déclaré : « Madame Schmidt terminera avec nous la principale exposition qu’elle a commencée et ensuite son rôle sera fini ». Le musée fonctionnera indépendamment du gouvernement, a déclaré Koves.

En Hongrie, des groupes juifs, dont la fédération Mazsihisz des communautés juives, se sont opposés, à de nombreuses reprises, au gouvernement. Le récit de l’État quant à son rôle dans la Deuxième guerre mondiale est sujet à polémiques. Le gouvernement hongrois était un allié de l’Allemagne nazie.

« Nous chercherons à dialoguer, a déclaré Koves. Nous ne donnerons pas notre accord à des contenus que nous trouvons inacceptables ».

Dans un de ses essais sur l’histoire de la Hongrie, Schmidt a écrit : « Après 25 ans de terreur de la presse de droite, une conspiration judéo-communiste mondiale semblait se matérialiser ». Schmidt a déclaré que le nazisme n’était pas pire que le communisme soviétique – un point de vue soutenu par les nationalistes à travers l’Europe de l’est.

Zoltan Radnoti, le président du conseil rabbinique de Mazsihisz, a déclaré au JTA qu’il « n’achetait pas » les paroles rassurantes de Koves.

« L’EMIH fait ce que le gouvernement lui dit de faire. Il n’est pas possible que ce musée ouvre indépendamment, et la manière dont Schmidt participe à l’élaboration de son exposition permanente en est une preuve », a déclaré Radnoti.

Koves a déclaré que la réaction de Mazsihisz est « malheureuse ».

« Je voudrais que Mazsihisz nous rejoigne dans la direction de ce musée, a-t-il dit. Des tensions communautaires existent, mais elles ne doivent pas faire de l’ombre à notre mission d’enseigner la Shoah, tout particulièrement aujourd’hui ».

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