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Une travailleuse étrangère et son fils ayant des besoins spéciaux arrêtés

La famille dit que l'enfant de 12 ans ne pourra pas apprendre une autre langue s'il est expulsé; Israël doit expulser environ 50 enfants de travailleurs philippins cet été

Des femmes avec le groupe de la communauté philippine Enfants unis d'Israël, qui ont aidé à organiser la manifestation contre les expulsions, à Tel Aviv le 24 juin 2019. (Melanie Lidman/Times of Israel)
Des femmes avec le groupe de la communauté philippine Enfants unis d'Israël, qui ont aidé à organiser la manifestation contre les expulsions, à Tel Aviv le 24 juin 2019. (Melanie Lidman/Times of Israel)

Tôt dimanche matin, des agents israéliens de l’Immigration ont arrêté une femme philippine et son enfant en âge d’être scolarisé dans ce qui semble être le début d’une procédure d’expulsion prévue d’environ 50 enfants de travailleurs étrangers qui doit avoir lieu cet été.

Selon le quotidien Haaretz, la femme, du nom Ofresina Koanka, et son enfant ont été arrêtés malgré le fait que l’enfant soit né en Israël et qu’il est actuellement inscrit dans une école locale. C’est la première fois qu’un enfant dans une telle situation est arrêté en vue d’une expulsion.

Un tribunal de Tel Aviv a ordonné un arrêt temporaire de leur expulsion alors qu’un recours pour les autoriser à rester dans le pays est encore examiné. Les deux sont actuellement retenus dans un centre de Détention à l’aéroport international Ben Gurion alors qu’ils attendent une décision sur leur cas.

Michael, le fils de Koanka, étudie dans un programme d’éducation spécialisée et il doit passer en cinquième à la rentrée. Selon le recours déposé par l’avocat de la famille, les difficultés d’apprentissage de Michael impliquent qu’il ne pourra pas apprendre une nouvelle langue, s’il est expulsé.

En 2006 et 2009, le ministère de l’Intérieur a menacé d’expulser des centaines d’enfants qui étaient nés en Israël et dont les parents ont dépassé le temps de séjour autorisé par leur visas de travail. Une vague d’émotion publique a conduit à une « décision humanitaire » de 2010 de ne pas expulser les enfants en âge d’aller à l’école.

Une travailleuse philippine est assise sur un banc avec une femme âgée israélienne le 20 mai 2009. (Serge Attal/Flash90)

Il n’y a pas eu de modification de la loi, mais pendant neuf ans, l’Autorité de la population, de l’immigration et de frontière du ministère de l’Intérieur a largement respecté la décision, jusqu’à cet été, quand des officiels de l’immigration ont commencé à prévenir environ 50 enfants et leurs mères qu’ils allaient être expulsés lors de l’été.

Il y a environ 30 000 travailleurs étrangers philippins en Israël, légaux ou illégaux. Ils sont généralement employés comme des aides soignantes à domicile pour les personnes âgées. Souvent, ces travailleurs étrangers viennent en Israël avec des visas de travail légaux, mais restent dans le pays pour continuer à travailler illégalement, et discrètement, après que leur visa a expiré. Beaucoup de travailleurs philippins, dont 85 % sont des femmes et sont en Israël depuis plus de 15 ans.

« C’est une arrestation déloyale qui contrevient aux règles du ministère de l’Intérieur, a déclaré Zari Hazan l’avocat de Koanka, à Haaretz. « D’un côté, des discussions ont lieu avec le ministère de l’Intérieur, mais de l’autre, un autre département décide d’arrêter un garçon de 12 ans et sa mère dans leurs lits à 5h du matin ».

Deux garçons philippins présents lors d’une manifestation contre les expulsions à Tel Aviv, le 24 juin 2019. (Melanie Lidman/Times of Israël)

« Nous parlons de ressortissants étrangers qui prolongent leur durée de séjour en contrevenant à toutes les lois et sans aucun statut légal », a déclaré Sabine Hadad, porte-parole de l’Autorité de la Population, de l’immigration et des frontières, après une grande manifestation contre les expulsions prévues qui s’est déroulée à Tel Aviv le mois dernier.

« Les travailleurs ont été arrêtés parce qu’ils ont prolongé illégalement leur séjour, même si, par souci d’humanité, il a été décidé de laisser leurs enfants terminer leur année scolaire », a déclaré Hadad, notant que les mères et les enfants ont reçu des avis pour un « départ volontaire », plutôt que le terme officiel « d’expulsion ».

« Nous observons des tentatives constantes de profiter de ce geste de bonne volonté [de laisser les enfants finir leur année scolaire] », a déclaré Hadad.

Dimanche, les camarades de classe de Michael se sont retrouvés à l’aéroport Ben Gurion pour demander sa libération.

« Les enfants pleurent tout le temps depuis qu’ils ont entendu qu’il avait été arrêté », a déclaré la mère de l’un des écoliers au site d’information israélien Ynet. C’est l’un des enfants les plus appréciés de la classe. Hier, ils étaient tous à la piscine pendant les vacances d’été, et aujourd’hui, il est en prison. C’est bizarre. Les enfants n’arrêtent pas de pleurer et ne comprennent pas ce que cet enfant a fait pour aller en prison ».

Melanie Lidman a contribué à cet article.

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