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Une université canadienne reconnaît des propos antisémites lors d’un débat

L'Université de Winnipeg a expliqué "regretter" des paroles entendues lors d'une discussion sur le transfert de l'ambassade américaine

L'université de Winnipeg (Crédit : CC BY-SA 3.0, Wikipedia, KrazyTea)
L'université de Winnipeg (Crédit : CC BY-SA 3.0, Wikipedia, KrazyTea)

L’université de Winnipeg a admis que des déclarations antisémites avaient été faites lors d’un événement sponsorisé par la faculté et consacré à Israël.

Une équipe constituée notamment de l’agent responsable de la diversité et des droits de l’homme au sein de l’université a réexaminé des propos tenus au cours d’une discussion organisée le 28 février, et intitulée « Mon Jérusalem : une réponse à l’annonce du transfert de l’ambassade américaine ». Elle a déterminé que les paroles tenues avaient promu des clichés antisémites, selon un communiqué de l’organisation B’nai Brith Canada, qui a dénoncé l’événement en le qualifiant de « propagande anti-israélienne ».

L’événement avait été organisé par les groupes Independent Jewish Voices-Winnipeg, Canadian Arab Association of Manitoba, United Jewish Peoples Order-Winnipeg entre autres, et il avait été sponsorisé par le Global College, une sous-division de l’université.

L’objectif poursuivi par le débat était de discuter des réactions juives, chrétiennes et musulmanes à la décision américaine de reconnaître Jérusalem en tant que capitale d’Israël.

Si le rapport établi par l’équipe, à l’issue de son réexamen, n’entre pas dans le détail des propos antisémites présumés, il indique qu’ils ont contrevenu à la définition de travail de l’antisémitisme mise en place par l’IHRA (International Holocaust Remembrance Alliance). Cette définition, adoptée par le Canada mais considérée comme controversée par de nombreux critiques d’Israël, inclut, en exemples, des expressions d’antisémitisme, certaines formes de critiques partiales envers l’Etat juif.

Le B’nai Brith a déploré que l’un des intervenants ait accusé Israël de commettre un « génocide » des Palestiniens et qu’un autre se soit référé aux Juifs israéliens comme à des « colons européens ».

Le rapport a également noté qu’il n’y avait eu que des intervenants juifs « mineurs » lors de l’événement, qui a été organisé le jour de Pourim – une fête juive – lorsque la participation de nombreux étudiants ou personnels juifs de la faculté était forcément réduite. Une vidéo de l’événement postée sur Internet a par ailleurs été supprimée dans la foulée, ce qui laisse penser que l’université a tenté de dissimuler quelque chose.

Dans un communiqué transmis la semaine dernière, l’établissement d’enseignement supérieur a indiqué « regretter les propos antisémites tenus lors de l’événement intitulé ‘Mon Jérusalem' ».

« Que ce soit lorsqu’elle leur offre une place, qu’elle accueille ou qu’elle organise des événements, l’université fait tout ce qui est en son pouvoir pour garantir un environnement respectueux. En réponse aux recommandations contenues dans le rapport, l’université va travailler avec des membres de la communauté juive et d’autres groupes pour améliorer l’environnement sur notre campus et promouvoir la sécurité et l’inclusion », a expliqué le communiqué.

Parmi les recommandations faites à l’université par le rapport, il y a notamment le fait que l’institution « reconnaisse le grave problème d’antisémitisme » et qu’elle s’engage à prendre des initiatives pour prévenir son expression sous ses formes variées sur le campus.

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