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Une ville néerlandaise accusée de plagier l’idée des pavés commémoratifs

L'artiste allemand qui a posé plus de 50 000 pierres d'achoppement près des maisons où vivaient des Juifs déportés estime que la décision de la ville d'Apeldorn n'est pas correcte

Des Stolpersteine, ou 'pierres sur lesquelles on trébuche' dédié à la mémoire de Josef Geer et aux Hauslauer - un couple marié qui était Témoins de Jéhovah - à Salzbourg, en Autriche. (Crédit : Noah Lederman / Times of Israël)
Des Stolpersteine, ou 'pierres sur lesquelles on trébuche' dédié à la mémoire de Josef Geer et aux Hauslauer - un couple marié qui était Témoins de Jéhovah - à Salzbourg, en Autriche. (Crédit : Noah Lederman / Times of Israël)

AMSTERDAM, Pays-Bas — Un artiste allemand qui a installé des pavés commémoratifs à travers l’Europe pour les victimes de la Shoah, a accusé une ville néerlandaise de plagiat pour avoir lancé une initiative similaire.

Günter Demnig, qui a déposé plus de 50 000 pavés en laiton sur les trottoirs, devant les maisons où avaient vécu des Juifs qui ont été déportés de 18 pays, a lancé ces accusations durant une interview publiée samedi dans le quotidien De Stentor aux Pays-Bas.

Il réagissait au projet du conseil municipal d’Apeldorn d’installer des blocs de marbre noir devant les maisons des Juifs déportés.

« Je ne trouve pas ça correct », a déclaré Demning au quotidien. « De mon point de vue, c’est du plagiat. J’ai tenté de l’empêcher, mais que faire. Je ne veux pas perdre mon temps avec ça. »

Demning facture 300 dollars par pavé de laiton, qu’il installe personnellement. Mais l’Apeldoorn Memorial Cobblestones Association, une organisation récemment créée par des bénévoles, a choisi le marbre, une alternative moins onéreuse.

Roland Oudejans-Albers, qui dirige l’association, a déclaré que Demning a lui-même suggéré à l’association d’opter pour un autre type de pierre. Il a ajouté que les pavés en laiton de Demning prendraient trop de temps, à une époque où les survivants de la Shoah s’éteignent progressivement.

Les municipalités néerlandaises de Bellingwedde, Amersfoort, Vught et Veendam ont également décidé d’installer leurs propres modèles de pierres de Demning, a fait savoir De Stentor.

Illustration d’un « Stolpersteine » (pierres d’achoppement, pierres sur lesquelles on peut trébucher) à Berlin, le 9 novembre 2013. (AFP/Johannes Eisele)

Indépendamment, la ville belge d’Anvers a levé son interdiction d’installer des pavés commémoratifs, selon la chaîne VRT mardi.

La ville avait rejeté les demandes d’installation de ces pavés suite aux préférences de la communauté juive locale. Les dirigeants communautaires avaient estimé que les pavés inciteraient au vandalisme et que ce serait irrespectueux pour les personnes mentionnées sur les pierres, si les chiens ou d’autres animaux déféquaient dessus.

Des groupes juifs à Anvers et à Bruxelles, capitale fédérale de la Belgique, où des pierres ont été installées avec la bénédiction de la communauté juive locale, ont fustigé cette affaire. La communauté juive de Munich est opposée à la pose de pavés commémoratifs pour des raisons similaires.

La semaine dernière, des individus non-identifiés ont peint plusieurs pavés commémoratifs dans la ville de Moers, près de Dusseldorf en Allemagne, selon le sitet RP. Plusieurs maisons et un jardin d’enfants ont été tagués avec des slogans nazis et des croix gammées.

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