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USA : 2 ex-employés de Twitter inculpés pour espionnage au profit de Ryad

Les trois personnes inculpées sont deux ex-employés de Twitter, un Américain et un Saoudien, ainsi qu'un autre ressortissant saoudien accusé d'avoir servi d'intermédiaire

Un homme consulte la page Twitter d'Aramco à un café de Jeddah en Arabie Saoudite, le dimanche 3 novembre 2019. (AP Photo/Amr Nabil)
Un homme consulte la page Twitter d'Aramco à un café de Jeddah en Arabie Saoudite, le dimanche 3 novembre 2019. (AP Photo/Amr Nabil)

Deux anciens employés de Twitter et un Saoudien ont été inculpés aux Etats-Unis pour avoir fourni à Ryad des informations sur des utilisateurs du réseau social critiques envers la famille royale saoudienne, a annoncé mercredi la justice américaine.

Ces poursuites posent de nouveau la question de la capacité du géant californien à protéger les données confidentielles de ses utilisateurs, notamment face aux attaques de régimes répressifs.

Les trois personnes inculpées sont deux ex-employés de Twitter, un Américain et un Saoudien, ainsi qu’un autre ressortissant saoudien accusé d’avoir servi d’intermédiaire.

« Ces agents saoudiens ont fouillé dans les systèmes internes de Twitter pour obtenir des informations personnelles sur des opposants au régime saoudien et des milliers d’autres utilisateurs » du réseau social, a déclaré dans un communiqué David Anderson, procureur fédéral en Californie.

« Nous n’allons pas laisser des entreprises ou des technologies américaines devenir des outils de répression pour des régimes étrangers », a-t-il ajouté.

Ali Alzabarah, un Saoudien de 35 ans et Ahmad Abouammo, un Américain de 41 ans, sont accusés d’avoir utilisé leur statut d’employé de Twitter pour se procurer les adresses email ou IP, les numéros de téléphone ou encore les dates de naissance de comptes Twitter et d’avoir transmis ces données à Ryad.

Le premier a fourni en 2015 des données sur au moins 6 000 comptes, notamment d’un opposant à la famille royale saoudienne réfugié au Canada, selon l’acte d’accusation.

Le second aurait espionné plusieurs comptes entre la fin 2014 et le début de 2015, en échange d’une montre de luxe et d’au moins 300 000 dollars.

Le troisième suspect, Ahmed Almutairi, un ressortissant saoudien âgé de 30 ans, est accusé d’avoir servi d’intermédiaire entre les deux hommes et le gouvernement de son pays.

Il est également soupçonné d’avoir aidé Ali Alzabarah à fuir les Etats-Unis à la fin de 2015 après les premières questions formulées par la hiérarchie de Twitter.

MM. Almutairi et Alzabarah sont probablement en Arabie Saoudite, a précisé le ministère américain de la Justice qui a émis un mandat d’arrêt à leur encontre.

M. Abouammo, qui avait menti aux agents du FBI venus l’interroger en octobre 2018, a été arrêté mardi à Seattle, dans le nord-ouest des Etats-Unis.

Les trois hommes sont soupçonnés d’avoir travaillé en lien avec un responsable saoudien proche du prince héritier Mohammed ben Salmane, selon le Washington Post.

Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, arrive à la conférence Future Investment Initiative à Riyad, la capitale saoudienne, le 24 octobre 2018. (Giuseppe Cacace/AFP)

Les poursuites judiciaires interviennent alors que les relations entre les Etats-Unis et l’Arabie saoudite restent tendues plus d’un an après le meurtre de Jamal Khashoggi.

Mohammed ben Salmane a été tenu responsable par une experte de l’ONU et la CIA de l’assassinat de ce journaliste saoudien.

Ce dernier, qui coopérait pour le Washington Post, a été tué et démembré le 2 octobre 2018 à l’intérieur du consulat saoudien à Istanbul.

Le journalite saoudien et directeur de Alarab TV, Jamal Khashoggi, à Manama en 2014. (Crédit : AFP/MOHAMMED AL-SHAIKH)

Après le piratage du compte de son patron Jack Dorsey en septembre, cette affaire est un nouvel épisode embarrassant pour Twitter.

« Nous sommes conscients des efforts déployés par des acteurs néfastes pour essayer d’attaquer notre service », a réagi un de ses porte-paroles. « Nous limitons l’accès aux informations sensibles à un nombre limité d’employés », a-t-il poursuivi dans une déclaration transmise à l’AFP.

« Nous comprenons les risques incroyables pris par ceux qui utilisent Twitter pour partager leurs opinions et demander des comptes à ceux qui sont au pouvoir », a-t-il ajouté, en assurant avoir des outils pour les protéger.

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