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USA : Une attaque chimique entraînera « une réponse bien plus forte » en Syrie

Le conseiller à la Sécurité nationale a indiqué que Paris et Londres souscrivaient aussi à une réaction plus forte en cas d'usage d'armes non-conventionnelles contre les civils

A Kafr Ain, des membres de la Défense civile syrienne, connus sous le nom de Casques blancs, transportent une victime après des frappes aériennes à 4 kilomètres à l'est de Khan Shaykhun idans le sud de la province d'Dlib, le 7 septembre 2018 (Crédit : AFP PHOTO / Anas AL-DYAB)
A Kafr Ain, des membres de la Défense civile syrienne, connus sous le nom de Casques blancs, transportent une victime après des frappes aériennes à 4 kilomètres à l'est de Khan Shaykhun idans le sud de la province d'Dlib, le 7 septembre 2018 (Crédit : AFP PHOTO / Anas AL-DYAB)

Les Etats-Unis ont averti le régime syrien qu’un nouvel usage d’armes chimiques contre des civils entraînera « une réponse bien plus forte » de la part de Washington, a déclaré lundi le secrétaire à la sécurité nationale de la Maison Blanche John Bolton .

« Nous avons tenté de faire passer le message ces derniers jours que s’il devait y avoir une troisième utilisation d’armes chimiques, alors la réponse sera bien plus forte », a déclaré Bolton, des propos tenus lors d’un discours devant la Federalist Society conservatrice de Washington.

« Je peux dire que nous avons effectué des consultations avec le Royaume-Uni et les Français, qui nous ont rejoints lors de la deuxième frappe et qui sont également d’accord sur le fait que l’usage d’armes chimiques entraînera une réponse bien plus forte ».

Le Wall Street Journal a fait savoir dimanche que le président syrien Bashar Assad a autorisé ses forces à utiliser du gaz chlorine lors de l’offensive menée contre le dernier bastion rebelle significatif dans le pays – la province d’Idlib.

Les Etats-Unis avaient déjà mené une frappe sur une base aérienne syrienne le 27 avril 2017 en riposte à une attaque à l’arme chimique meurtrière à Idlib qui avait fait au moins 86 morts, notamment 27 enfants, et qui aurait utilisé du gaz sarin.

Puis, au mois d’avril 2018, les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont lancé une frappe conjointe sur des structures syriennes après une attaque chimique perpétrée dans la ville de Douma qui avait tué au moins 70 personnes.

Les responsables américains ont noté que ces frappes de précision avaient touché un centre de recherche scientifique situé à proximité de Damas, une structure de stockage et un poste de commandement situé également à proximité de la capitale, ainsi qu’un dépôt d’armement près de Homs.

Des civils marchent dans l’ancienne ville syrienne rebelle de Douma, à la périphérie de Damas, le 17 avril 2018, après que l’armée syrienne a déclaré que toutes les forces anti-régime ont quitté Ghouta Est, à la suite d’une offensive de deux mois sur l’enclave rebelle. (AFP/Stringer)

Les avions syriens et russes ont pilonné la province d’Idlib ces derniers jours alors que le gouvernement vient de lancer une offensive avec pour objectif de reprendre le contrôle de la zone après un sommet, en Iran, qui a réuni les principaux acteurs et qui a échoué à trouver un arrangement.

Le président américain Donald Trump a mis en garde la semaine dernière contre une offensive du régime syrien et de ses alliés russe et iranien.

La porte-parole de la Maison Blanche Sarah Huckabee Sanders a averti la semaine dernière que les Etats-Unis répondraient « rapidement et de manière appropriée » si la Syrie devait utiliser des armes chimiques contre sa population.

Selon un article paru dans le Journal, qui a cité des responsables américains sous couvert d’anonymat, le Pentagone serait en train de définir des réponses militaires à l’usage d’armes chimiques en Syrie mais aucune décision n’a encore été prise par Trump concernant ce qui pourrait entraîner une action militaire, ni sur l’éventualité de frappes contre les forces iraniennes et russes en Syrie, qui soutiennent Assad.

L’article a noté que des mesures non-militaires, telles que des sanctions économiques, étaient actuellement envisagées.

« Nous n’avons pas dit que les Etats-Unis utiliseraient la force militaire en réponse à une offensive », aurait ainsi précisé un responsable de l’administration.

« Nous disposons d’outils politiques, nous disposons d’outils économiques. Il y a un certain nombre de réponses que nous pouvons mettre en place si Assad devait effectuer cette démarche téméraire et dangereuse ».

Samedi, le plus haut général américain a expliqué que lui et Trump entretenaient un « dialogue quotidien » sur de possibles conséquences militaires si le régime syrien devait utiliser des armes non-conventionnelles à Idlib.

Le chef des chefs d’Etat-major conjoints Joseph Dunford devant la commission des appropriations du sénat, à Washington, le 22 mars 2017 (Crédit : AFP PHOTO / MANDEL NGAN)

Le chef des chefs d’Etat-major conjoints Joseph Dunford a déclaré aux journalistes à New Delhi qu’aucune décision n’a encore été prise, a fait savoir Reuters.

« Mais nous entretenons un dialogue, un dialogue quotidien, avec le président pour garantir qu’il sait où nous en sommes en ce qui concerne la planification de réponses dans le cas où des armes chimiques seraient utilisées », a dit Dunford.

Reuters a fait savoir qu’il avait ajouté : « Il attend de nous que nous ayons des options militaires et nous lui avons donné des mises à jour sur le développement de ces mêmes options ».

Les Nations unies ont averti que toute campagne militaire à Idlib pourrait pousser 800 000 personnes à fuir leurs foyers.

La région d’Idlib et de ses environs, entre les mains des rebelles, a presque trois millions d’habitants, dont la moitié ont été déplacés d’autres zones du pays, selon les Nations unies.

Les troupes du régime se sont amassées depuis des semaines autour d’Idlib, après que le régime d’Assad a repris le contrôle des autres secteurs du pays pendant l’année.

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