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Valls juge que c’est aux Musulmans de mener le combat contre le salafisme

Le Premier ministre a rappelé l'importance de la liberté de conscience en France

Manuel Valls, le 22 mai à Tel Aviv (Crédit : Marine Crouzet/ Ambassade de France en Israel)
Manuel Valls, le 22 mai à Tel Aviv (Crédit : Marine Crouzet/ Ambassade de France en Israel)

Le Premier ministre français Manuel Valls a récusé mercredi la proposition d’une députée de l’opposition de mettre « hors la loi » le salafisme en tant que « dérive sectaire », estimant qu’il appartient notamment aux Musulmans de mener le combat contre « ces idéologies perverses ».

Près d’une semaine après l’attentat de Nice, la députée de droite Nathalie Kosciusko-Morizet a estimé devant l’Assemblée nationale qu’il était « temps de déclarer le salafisme hors la loi. Comme dérive sectaire, ou comme atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation ».

Le salafisme est un courant ultra-rigoriste qui prône un retour à l’islam des origines. La branche la plus radicale de ce mouvement fait du djihad armé le cœur de son activité.

« Je ne suis pas sûr que ce soit le bon outil (…) ces organisations savent parfaitement échapper à la justice en dissimulant leur véritable nature, car vous n’ignorez pas que la liberté de conscience en France est une liberté fondamentale », a répondu le Premier ministre socialiste lors de la séance des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale.

Sur la dimension « sectaire », Valls a aussi mis en garde contre la « déresponsabilisation » de « ceux qui plongent dans le salafisme » et « seraient en quelque sorte les victimes d’une grande manipulation ».

Manuel Valls a en revanche jugé que « l’islam de France a aussi tout son rôle à jouer » dans la lutte contre le salafisme.

« A eux aussi, bien sûr avec notre soutien, de mener le combat pour clairement séparer ce qui est la réalité de l’islam de France et ces idéologies perverses. Ce combat doit être mené partout dans les mosquées, dans les quartiers, dans les familles », a-t-il ajouté.

Minoritaire dans l’islam de France, le salafisme est prêché dans « un peu plus de 120 lieux de culte » sur « plus de 2 300 mosquées », et concerne « quelques dizaines de milliers de fidèles », a précisé Manuel Valls.

Depuis l’attentat de Nice, le gouvernement socialiste est sous le feu des critiques de l’opposition de droite et d’extrême droite sur sa gestion de la lutte anti-terroriste, jugée trop laxiste.

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