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Varsovie demande à Yad Vashem de supprimer la référence à la « police polonaise »

Un haut-responsable polonais a fustigé un texte documenté sur le ghetto de Lodz qu'il a vu lors d'une visite du mémorial de l'Holocauste

La zone résidentielle du ghetto de Lodz avec le panneau : "Juifs. Entrée interdite" (Henryk Ross/Art Gallery of Ontario, don Archive of Modern Conflict/Courtesy Museum of Fine Arts)
La zone résidentielle du ghetto de Lodz avec le panneau : "Juifs. Entrée interdite" (Henryk Ross/Art Gallery of Ontario, don Archive of Modern Conflict/Courtesy Museum of Fine Arts)

Un haut-responsable polonais a juré « d’intervenir » pour faire supprimer un texte du musée de l’Holocauste de Yad Vashem en Israël qui se réfère à la « police polonaise » sous l’occupation nazie.

Jan Dziedziczak, directeur-adjoint du ministère polonais des Affaires étrangères, s’est plaint du texte au cours d’un entretien donné jeudi alors qu’il se trouvait en visite en Israël, a rapporté Radio Maryja. Le passage disait qu’une « police polonaise » gardait l’entrée du ghetto de Lodz.

Sa critique du texte, qui reflète un consensus parmi les historiens mais qui, selon Dziedziczak, suggère que les Polonais ont été complices de l’Holocauste, survient dans un contexte de crise diplomatique dans les relations entre Israël et la Pologne en raison de l’adoption, le mois dernier, par la Pologne d’une loi qui pénalise l’incrimination de la Pologne dans les crimes commis sous occupation nazie durant la Shoah.

A LIRE : Texte intégral de la loi polonaise controversée sur la Shoah

Israël a vivement protesté contre la loi qui, selon les groupes juifs, empêche des discussions ouvertes et pourrait limiter les recherches sur des milliers de Polonais qui ont trahi les Juifs auprès des nazis ou qui en ont assassiné.

« Lorsque j’ai vu cette inscription, j’ai demandé une intervention immédiate de notre mission diplomatique en Israël », a dit Dziedziczak. « Nous n’abandonnerons pas ce dossier et nous ferons tout pour changer immédiatement cette information ».

Il a ajouté qu’il s’agirait « de la première d’actions variées pour restaurer la vérité ».

Le musée d’Etat de Yad Vashem a expliqué sur son site internet que la majorité des officiers de police polonais qui avaient servi sous l’occupation allemande en 1939 s’étaient conformés aux ordres donnés d’accomplir leur devoir sous les auspices des Allemands.

En 1943, environ 16 000 officiers polonais, certains d’entre eux armés, avaient servi sous les Allemands.

Plusieurs historiens, notamment Sylwia Szymańska-Smolkin de l’université de Toronto, ont étudié le rôle tenu par la police polonaise dans l’Holocauste et spécifiquement en lien avec le ghetto de Lodz.

Elle a été employée « à grande échelle contre la population juive », avait écrit Yad Vashem, et « elle a tenu un rôle actif dans la gestion des ghettos au sein de la Pologne occupée dans la recherche des Juifs qui avaient trouvé refuge auprès de la population locale, après s’être échappés des ghettos et des camps ».

La police polonaise a montré un « dévouement absolu » aux autorités nazies, selon Yad Vashem, « même s’il y a eu quelques cas où des officiers ont aidé les Juifs ».

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