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Washington ferme son consulat à Bassora, accuse Téhéran

Les États-Unis ont évoqué des "menaces" qu'ils ont attribuées à l'Iran, après des manifestations meurtrières dans cette ville du sud de l'Irak

Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo lors d'une conférence de presse au département d'État à Washington, le 11 mai 2018. (Mandel Ngan/AFP)
Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo lors d'une conférence de presse au département d'État à Washington, le 11 mai 2018. (Mandel Ngan/AFP)

« Compte tenu des menaces de plus en plus nombreuses et spécifiques et des incitations à attaquer notre personnel et nos installations en Irak, j’ai ordonné un déplacement temporaire de notre personnel diplomatique en Irak », a indiqué le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo dans un communiqué.

Ces menaces émanent « du gouvernement iranien, de la Force Qods du corps des Gardiens de la révolution et de milices aidées, contrôlées et dirigées par le chef de la Force Qods, Ghassem Soleimani », ajoute M. Pompeo dans ce document diffusé alors que le secrétaire d’Etat américain participait à l’Assemblée générale de l’ONU à New York.

M. Pompeo a ordonné le « départ » de tout le personnel américain du consulat général de Bassora, a précisé la porte-parole du département d’Etat, Heather Nauert, précisant que les services consulaires seraient assurés par l’ambassade des Etats-Unis à Bagdad.

« Il y a eu des incidents répétés de tirs indirects contre des éléments de ces milices vers notre Consulat général à Bassora, notamment au cours des dernières 24 heures », précise le chef de la diplomatie américaine.

« J’ai clairement fait savoir à l’Iran que les Etats-Unis répliqueraient promptement et de façon adéquate à toute attaque » contre des bâtiments américains, « qu’elle soit due à l’Iran directement ou à des intermédiaires », ajoute-t-il.

Parallèlement à la fermeture du consulat, le département d’Etat a publié un nouvel avis aux ressortissants américains voyageant en Irak, les prévenant que la capacité des autorités américaines à les secourir en cas d’urgence était « extrêmement limitée ».

A la mi-septembre, la Maison Blanche avait déjà prévenu qu’elle tiendrait l’Iran responsable de toute action violente en Irak perpétrée par des milices qu’elle soutient et qui porterait atteinte à des individus ou des intérêts américains.

Téhéran dément

Trois obus de mortier s’étaient alors abattus sur l’ultra-sécurisée zone verte de Bagdad, où siègent les autorités irakiennes et l’ambassade américaine, et Washington avait fait état « d’attaques dangereuses en Irak, en particulier contre le consulat des Etats-Unis à Bassora ».

L’Iran avait dénoncé ces allégations « provocatrices et irresponsables ».

Des manifestations violentes avaient éclaté début septembre à Bassora, grande ville pétrolière du sud du pays à majorité chiite, contre la corruption des dirigeants et la déliquescence des services publics. Les heurts avaient fait 12 morts.

Les manifestants avaient mis le feu au gouvernorat, au consulat du très influent voisin iranien et à la plupart des sièges de groupes armés, très implantés et puissants dans la province, ainsi que les permanences de partis politiques, dont le parti Dawa du Premier ministre Haider al-Abadi.

Quatre roquettes s’étaient par ailleurs abattues dans l’enceinte de l’aéroport, situé non loin du consulat américain.

Dans son allocution à l’Assemblée générale de l’ONU, le président iranien Hassan Rohani a rejeté mardi les accusations américaines d’ingérences dans les affaires irakiennes et mis en cause la légitimité de la présence américaine en Irak.

Le président iranien Hassan Rouhani s’adresse à l’Assemblée générale des Nations Unies à New York le 25 septembre 2018 (Capture d’écran : YouTube).

Le Parlement irakien a élu récemment à sa direction les candidats soutenus par le bloc proche de l’Iran, préfigurant la formation du prochain gouvernement par les anciens combattants antijihadistes proches de Téhéran et le dirigeant nationaliste chiite Moqtada Sadr.

Depuis l’arrivé de Donald Trump au pouvoir en 2017, l’Iran est visé par Washington qui l’accuse de chercher à déstabiliser le Moyen-Orient.

Le président républicain a annoncé en mai le retrait des Etats-Unis de l’accord nucléaire signé en 2015 entre Téhéran et les grandes puissances.

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